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Biographie
Éloïsa Pérez est designer graphique et typographe, diplômée de l'École nationale supérieure des Arts Décoratifs de Paris et titulaire d’un master recherche de l’École des hautes études en sciences de l’information et de la communication (Celsa, Université Paris-Sorbonne). Spécialisée dans la conception éditoriale, son approche se structure autour d’une utilisation affirmée de la typographie en accordant une attention particulière à la matérialité des objets. Engagée dans une recherche qui interroge le rôle du design graphique dans la transmission des savoirs, elle conduit depuis octobre 2013 un projet à l'Atelier national de recherche typographique sur les pratiques d'écriture à l'école primaire, « Learning forms », qu'elle approfondit d'un point de vue théorique au Celsa où elle prépare une thèse de doctorat (sous la direction d’Emmanuël Souchier) sur l'apport de la typographie dans l'apprentissage de l'écriture. Ses travaux portent sur l'étude des systèmes graphiques en usage dans les supports pédagogiques et sur les modalités de communication infantiles.

 

Recherches
Cette recherche interroge l’effet du design graphique dans l’élaboration et la transmission des savoirs, en se focalisant sur le contexte scolaire, à travers l’analyse des dispositifs qui accompagnent les méthodes d’apprentissage. Elle part du constat que dans un contexte de métamorphose générale du système éducatif français et des pratiques pédagogiques, provoqué en partie par un usage de plus en plus préconisé des technologies numériques, les objets et leur design sont évacués des débats alors que les mutations actuelles produisent un changement phénoménologique de la nature des ressources pédagogiques. Le cas des manuels scolaires, en France, illustre cet état de faits dans la mesure où les déclinaisons numériques proposées par les éditeurs à partir d’une même édition papier témoignent des considérations accordées ou non aux spécificités des supports d’affichage, ainsi qu’à leur incidence sur la réception et les usages qui en découlent. De plus, les contraintes de production qui caractérisent la rentabilité des versions imprimées aux tirages élevés, conditionnent la forme graphique réservée aux contenus, puisque ceux-ci doivent s’adapter aux gabarits conçus la plupart du temps à échelle de la double-page. La grammaire visuelle issue des manuels traduit un dispositif de normalisation dont l’incidence sur les modes d’appréhension des savoirs mérite d’être interrogée. À une autre échelle, le processus d’apprentissage de l’écriture se montre propice à mesurer l'impact des supports pédagogiques sur la restitution des savoirs acquis. Les supports mis à disposition des élèves, tels que les feuilles quadrillées ou les cahiers, favorisent une restitution linéaire des contenus dans laquelle la structuration graphique volontaire est inexistante. Loin d’être un habillage, la forme graphique traduit une intention. La compréhension de son fonctionnement semble indispensables à une époque où l’image est omniprésente et sollicite constamment l’exercice d’un regard critique, aussi bien dans la réception que dans la production de messages. D’autant plus que les situations quotidiennes qui conduisent à manipuler individuellement ou collectivement de la matière graphique ne cessent d’accroître, faisant de tout un chacun un potentiel concepteur graphique. À long terme, l’un des objectifs de cette recherche, inscrite depuis 2016 dans le cadre d’un doctorat au Celsa (Université Paris-Sorbonne), vise à définir l’impact de la dimension normative des supports d’écriture dans l’élaboration, la transmission et l’acquisition des idées. L’approche méthodologique adoptée défend la théorisation de la pratique du design graphique et recourt à cet outil pour élaborer et vérifier des hypothèses. Elle se propose d’éprouver sa dimension heuristique, autrement dit, elle entend démontrer comment le design graphique peut apporter une intelligence des objets différente de celle du discours théorique et devenir un moyen d’élaborer un savoir qui lui soit spécifique.

 

Bibliographie essentielle

· « Écrire l’espace : sur la spatialisation du savoir dans la salle de classe et le manuel d’apprentissage », <o> future <o>, 2017 (à venir)

· « Du geste à l’idée : formes de l’écriture à l’école primaire », Actes du 7ᵉ Congrès International de Typographie de Valence, ADCV, 2016, pp. 98–109

· « Pratiques de recherche en design graphique : état des lieux d’une construction », Graphisme en France, n° 22, Cnap, 2016, pp. 17–41

· « Les formes du gai savoir », Étapes, n° 225, Pyramyd, 2015, pp. 170–183

· « La petite fabrique du spectacle : le manuel scolaire, symbole d’une industrie en mutation », Strabic.fr, 2015

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Biography
Éloïsa Pérez is a graduate of the École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs in Paris and of CELSA-Paris Sorbonne (a renowned school of information and communication sciences), and works as a graphic designer and typographer. She specialises in editorial design, giving great importance to typography and the materiality of objects. She is involved in research on the role of graphic design in transmitting knowledge, and since 2013, has lead a research project at the Atelier National de Recherche Typographique on writing practices in primary school, which she is pursuing from a theoretical viewpoint at CELSA, with her thesis on the contribution of typography to the teaching of writing. Her work focuses on the study of graphic systems used in teaching aids and on methods of communicating with young children. She is the author of an essay on teaching tools published in Étapes, a graphic design magazine, and another on textbooks for schools for the online review Strabic.fr

 

Research
This research project examines the impact of graphic design on the development and transmission of knowledge, focusing on schools, through analysis of the tools used for the different learning methods. The author notes that against a backdrop of widespread change within the French educational system and its teaching practices, brought about, in part, by the increasingly recommended use of digital technology, objects and their design no longer feature in discussions even though current transformations are producing a phenomenological change in the nature of teaching resources. French school manuals illustrate this clearly in so far as digital editions available from publishers of identical paper editions show the thought that has been given (or not) to the specific features of the supports and to their impact on how they are received and used. Furthermore, the production constraints imposed by cost-effective imperatives of publications with large print runs influence the graphic form used for their contents, which have to fit templates typically designed for double-page spreads. The extent to which the standardisation conveyed by the visual grammar of manuals impacts on methods of acquiring knowledge is worth looking at. On a different scale, the process of learning to write is suited to measuring the impact of educational materials on the reproduction of acquired knowledge. The materials available to pupils, like squared paper and notebooks, encourage linear reproduction of subject-matter in which graphics play no part. Graphics convey intent, and are far from being merely decorative. Understanding their function is vital in an era where images are omnipresent and require critical acuity when receiving and producing messages. Especially as the everyday situations leading to individual or collective manipulation of graphic material are constantly growing, making each and all of us potential graphic designers. In the long term, one of the aims of this research, which, since 2016 has been pursued as part of a doctorate at CELSA (the University of Paris-Sorbonne), is to define the impact of the standardisation of writing materials on the production, transmission and acquisition of ideas. The methodological approach adopted supports the elaboration of theories regarding graphic design practices which are used for creating and verifying hypotheses. This approach is used to prove the heuristic dimension of graphic design, or, in other words, to show how graphic design can bring a different understanding of objects to that of theoretical discussions, and thereby become a means of producing knowledge that is specific to it.