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Focus sur... Camping design et Faune d'Alice Savoie

Entretien avec David Valy qui a cofondé le studio Camping Design en 2006, après des études à L’École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris. Spécialisé dans le design imprimé, le studio conçoit principalement des éditions (livres, catalogues, programmes), des signalétiques, des scénographies d’expositions et des systèmes graphiques.

Vous avez conçu le catalogue de l'exposition «Manger à l'oeil» présentée du 19 juillet au 30 septembre 2018 au Mucem à Marseille. Parlez-nous du projet éditorial et du contexte de cette commande.

Le projet éditorial était de rendre compte via la photographie, de l’évolution des règles du « boire et manger » depuis la première image de table servie, prise par Nicéphore Niepce en 1923, jusqu’à la choucroute de Martin Parr en 2018.

Les éditions de l’épure avec qui j’avais déjà réalisé Le vin en question de Jules chauvet (le pape du vin naturel) m’ont proposé de travailler sur ce projet, coédité avec le Mucem.

Après plusieurs réunions avec les commissaires (Alimentation générale) et la responsable des éditions du Mucem, nous avons opté avec l’éditrice, Sabine Bucquet, pour un format pratique et chaleureux ; nous l’avons surnommé « Petit trapu » de part ses dimensions (17x24cm).

Après avoir étudié un principe de maquette épurée, accueillant les textes historiques et sociologiques, la question de la couleur principale a été sujet à discussions, le rapport de la couleur à une iconographie gastronomique restant sensible. Le violet longtemps en lice, s’est finalement transformé en un rose.

L’iconographie est très riche et diverse puisque l’on retrouve des tirages de grands photographes (Willy Ronis, Jacques-Henri Lartigue) mêlés à une collecte nationale de photographies de « Français à table ».

L’envie de l’habiller par une jaquette-sur-couverture contenant une sélection de cette collecte nationale fut un clin d’œil à tous les vieux livres de cuisine de famille recouvert de nappe au motif vichy. Nous sommes très heureux que ce livre ait reçu le prix du meilleur livre sur la cuisine et l’art culinaire lors de l’édition 2019 du Festival international du livre d’art et du film (Filaf).

 

Vous avez choisi d'utiliser le caractère typographique Faune conçu par Alice Savoie. Qu'est-ce qui a présidé à ce choix et comment avez-vous conçu la mise en forme avec ce caractère ?

Après avoir reçu le specimen présentant la Faune édité par le Cnap, j’ai remarqué une graisse (Faune Display Bold Italique) qui m’évoquait une variété de pâtes italiennes proche des Fusillis. Très logiquement, j’ai voulu la tester pour ce projet et elle est finalement apparue comme une évidence, tout comme les autres graisses. Elle a été appréciée dès les toutes premières présentations de maquette.

Le texte courant est donc composé en Faune texte regular, ponctué par des titres de paragraphes en Faune Display Black qui habille le bloc de texte. La Faune est très bien réglée techniquement, ça a été un plaisir de l’utiliser pour cette mise en page.

 

Pensez-vous la réutiliser pour d'autres projets ?

Oui, je la propose actuellement dans une étude pour un projet gastronomique asiatique.

 

Avez-vous vu d'autres utilisations de Faune qui vous ont parues intéressantes ?

Oui, j’ai notamment remarqué son utilisation très vivante dans le cadre du Festival Texte Musique Rythme Jazz  par Marina Taurus and Jean Pascal Février. 

https://fontsinuse.com/uses/22118/tmr-jazz-theatre-montreux-riviera

Interview réalisée par Véronique Marrier, cheffe du service design graphique au Centre national des arts plastiques