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Le colloque « Design graphique, les formes de l'histoire »

L’histoire du design graphique se développe depuis maintenant une trentaine d’années – on s’accorde à considérer comme fondateurs le symposium de 1983 organisé sur ce sujet au Rochester Institute of Technology et la publication simultanée du livre de Philip Meggs, A History of Graphic Design. L’histoire de cette histoire est donc fort courte. Quoique majoritairement anglo-saxonne, la littérature spécialisée s’est développée dans différents pays – notamment en France – et dans différentes langues, mettant peu à peu au jour de nouveaux objets d’étude, et produisant de nouveaux éclairages. Le corpus des écrits et le nombre des chercheurs demeurent néanmoins modestes, et ce constat peut étonner si l’on considère la part décisive du design graphique dans la culture visuelle.

Aujourd’hui en quête de reconnaissance institutionnelle, cette jeune histoire a suscité au cours de ces dernières années diverses rencontres internationales qui visaient à démontrer sa légitimité théorique. Sans échapper tout à fait à de tels objectifs, le présent colloque veut surtout proposer un panorama bigarré, en donnant la parole à des invités qui ont tous contribué, par leurs travaux, à enrichir non seulement la connaissance de l’histoire du design graphique, mais aussi les méthodes par lesquelles celle-ci s’élabore, y compris là où l’on ne l’attend pas.

Les chercheurs réunis exercent leur activité dans des conditions très diverses: certains sont graphistes ou typographes et l’investigation historique est intégrée à la dynamique de leur production, d’autres envisagent le design graphique à partir d’un champ différent, ou privilégient ses liens avec d’autres domaines de création. Ni les types d’objets étudiés ni les périodes considérées n’ont constitué des critères déterminant le programme (la variété y domine, quoique les sujets traités se fassent souvent écho), mais ont plutôt été prises en compte la rigueur des approches et la perspective très ouverte dans laquelle s’inscrivent les pratiques de ces historiens.

Enfin, il s’agit d’offrir au public français l’occasion d’écouter des personnalités que l’on entend trop rarement ici, et de permettre avec eux un échange sur la fabrique partagée de cette histoire singulière, et les multiples formes – écrites, parlées, exposées ou dessinées – sous lesquelles elle peut se manifester.

André Baldinger, Catherine de Smet, Philippe Millot
Coordination scientifique