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Biographie
Jean-Marie Courant est né en 1966. Graphiste, il vit et travaille à Paris. Il signe ses réalisations d’un nom emprunté au vocabulaire de la typographie : Regular. Il consacre l’essentiel de son activité à des projets éditoriaux et d’identité visuelle.
Il est coordinateur du département design graphique du master design de l’Ensba Lyon où il a assuré la coordination graphique du premier numéro de la revue Initiale. Entre 2009 et 2011, il est intervenu régulièrement à l’Écal où il donnait des cours d’histoire moderne et contemporaine du design graphique. De 2010 à 2012,  au post diplôme Design et Recherche de l’École supérieure d’art et design de Saint-Étienne, il a coordonné la conception graphique de la revue Azimuts, dont il était également l’un des rédacteurs.

Recherches
Blanche ou l’oubli
Projet mené notamment depuis l’Ensba Lyon, et auquel sont notamment associés : Jean-Marie Courant, John Morgan, 6a architects, Alex Balgiu, Catherine Guiral et Olivier Vadrot.

Ce projet de recherche a pour objet d’étude cette sorte de monument littéraire et éditorial qu’est la collection « Blanche » des éditions Gallimard. Plusieurs auteurs insistent sur le fait que l’aspect de la collection a peu changé au cours de son histoire. Pourtant, pour peu que l’on soit sensible à la question typographique, une rapide observation de différentes couvertures réalisées dans les premières décennies d’existence de la collection, permet d’observer des variations qui ne nous semblent pas négligeables. En effet, du point de vue de l’histoire de la typographie, ces variations peuvent difficilement être tenues pour « discrètes » ou « presque » inexistantes. Il nous semble au contraire que différents modèles de couverture ont jalonné l’histoire de la collection, qui chacun renvoie à une conception différente de la typographie du livre.

Ce programme de recherche vise à développer, tant au plan de la méthodologie de la recherche elle-même que de sa présentation ou de sa valorisation, certaines hypothèses et intuitions.

De la même façon que le sociologue et anthropologue Marcel Mauss forgea le concept de « fait social total » à partir de l’analyse du phénomène du potlatch, nous avançons l’hypothèse que la « Blanche », en vertu du statut d’emblème et de fleuron qui est le sien, constitue un objet éditorial total, apte à révéler toutes les dimensions technique, culturelle, sociale, économique, politique, esthétique qui composent le champ de l’édition.

En soumettant la collection Blanche à l’analyse typographique, il s’agit à la fois de déceler de la différence et du changement là où l’historiographie admise ne voit que permanence et répétition, et d’appréhender le champ éditorial dans toutes ses dimensions.

Le programme de recherche « Blanche ou l’oubli » (1) a pour objectif de contribuer au développement d’un champ de recherche autour de la culture typographique (en l’occurrence appliquée au domaine de l’édition).

À partir d’un objet à la fois mythique et exemplaire, fonctionnant comme un véritable point de condensation d’enjeux de plusieurs ordres, il s’agit de s’intéresser à différents aspects de la typographie, de son histoire culturelle, esthétique, économique et technique, dans une approche élargie de cette culture qui nous permette d’éviter le confinement que peuvent produire certaines formes d’érudition très spécifiques.

La typographie est nécessairement affectée par de nombreuses déterminations (culturelles, politiques, esthétiques, économiques, techniques, etc.). Les prendre en compte attentivement permet d’élargir le champ de la culture typographique et de renouveler le regard que l’on porte sur les formes typographiques en usage aujourd’hui.

Enfin, cette culture typographique est à la fois objet de recherche et de connaissance et outil de production de cette connaissance. Car si le projet « Blanche ou l’oubli » s’attache de manière privilégiée à certains usages des caractères typographiques, la typographie comme mise en forme du texte et de ce qui l’accompagne est également en jeu dans le projet, au sens d’une typographie comme articulation d’un discours et pensée en étroite corrélation avec d’autres formes de connaissance et de médiation, comme celles liées à l’exposition.

1- On aura reconnu là le titre d’un roman de Louis Aragon, paru dans la collection Blanche en 1967.

 

Bibliographie essentielle
· « Les métamorphoses de Macula » (1/2), Back Cover n°7, Paris, B42, 2016.

· « Altitude » (en anglais), 27th Brno Biennal (catalogue), Brno, The Moravian Gallery, 2016.

Traductions, direction de publication :

· Traduction, édition et introduction (en collaboration avec Marc Monjou) de Robin Kinross, « Karel Martens : Un travail en cours », suivi d’une « Postface » originale, Azimuts n°37-38, Saint-Étienne, École supérieure d’art et design, 2012.

· Direction éditoriale (en collaboration avec Catherine De Smet et Jérôme Saint-Loubert Bié) de Architecture & Typographie. Quelques approches historiques, Paris/Lyon/Rennes, B42/Ensba Lyon/ Eesab Rennes, 2011.

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Biography
Jean-Marie Courant is a graphic designer living and working in Paris, born in 1966. He signs his work “Regular” – a name borrowed from the vocabulary of typography. Most of his work is focused on editorial and visual identity projects. 

He is co-ordinator of the graphic design department of the École Nationale Supérieure des Beaux-Arts (ENSBA) in Lyon, and oversaw the graphic design for the first issue of the review Initiale. Between 2009 and 2011, he was a regular lecturer at the École Cantonale d’Art de Lausanne (ECAL), giving classes on the history of modern and contemporary graphic design. From 2010 to 2012, as a research-student on the Design and Research Postgraduate course of the École Supérieure d’Art et Design de Saint-Étienne (ESADSE), he was responsible for the graphic design of the review Azimuts, of which he was also one of the editors.

Research
“Blanche or Forgetfulness”

A project undertaken mainly at ENSBA in Lyon, involving Jean-Marie Courant, John Morgan, 6a architects, Alex Balgiu, Catherine Guiral and Olivier Vadrot.

This research project is a study of the Blanche (White) Collection – a literary and editorial monument of French publishing, produced by Gallimard. While a number of authors insist that the collection’s appearance has barely changed over time, we reckon that even to someone not very aware of typography, a quick glance at the different book covers produced during the first few decades of the collection’s existence reveals variations that are far from trivial. Indeed, with regard to the history of typography, these variations can scarcely be considered “discreet” or “almost” inexistent. On the contrary, it seems that different models of covers have punctuated the collection’s history, each reflecting a different vision of the book’s typography. 

This research programme aims to develop certain hypotheses and intuitions concerning the research’s methodology, presentation and promotion.

Just as the sociologist-cum-anthropologist Marcel Mauss invented the concept of “total social fact” based on analysis of the phenomenon of the gift-giving feast known as ‘potlatch’, so we advance the hypothesis that “Blanche”, by virtue of its emblematic status and its fleuron, constitutes a ‘total editorial object’ perfect for revealing all the technical, cultural, social, economic, political and aesthetic aspects of publishing. 

Analysing the typography of the Blanche Collection is not only about discovering difference and change where historiography claims to see nothing but permanence and repetition, but also about understanding all aspects of publishing.

The “Blanche ou l’oubli” (Blanche or Forgetfulness) research programme (1) aims to contribute to a field of research relating to typographic culture (in this instance, within publishing).

Starting with an object that is both mythical and exemplary, and that serves as a synthesis of a number of different issues, it entails looking at different aspects of typography (its cultural, aesthetic, economic and technical history) as broadly as possible to avoid the circumscription sometimes produced by highly specific forms of scholarship.

Typography is inevitably affected by many factors (cultural, political, aesthetic, economic, technical, etc). By taking all of them into consideration, we enhance the field of typographic culture and change the way we look at typographic forms currently in use.

Lastly, this typographic culture is both the subject of research and learning, and a tool for producing this learning. While the “Blanche or Forgetfulness” project favours certain uses of typographic characters, typography as the formatting of text and that which accompanies it is also looked at in this project, with typography as the expression of an argument, viewed as closely linked to other forms of knowledge and means of communication, like those linked to exhibitions.

1 - This refers to the title of Louis Aragon’s novel of the same name, published as part of the Blanche Collection in 1967.