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Biographie
Jil Daniel est actuellement graphiste et doctorant en esthétique de l’université Rennes 2. Après avoir fait des études de graphisme à l’École supérieure d’art de Lorient et à l’université Rennes 2 il a travaillé en tant que graphiste indépendant, seul et en collectif, de 2011 à 2014. À partir de 2014 il décide de reprendre un travail de recherche dans un cadre universitaire. Lequel se porte sur la création et l’utilisation des images graphiques dans le cadre des mouvements sociaux. En 2015 il commence un doctorat sur les ateliers populaires du printemps 1968 et d’après. Il porte alors son attention sur les discours et les pratiques des membres des ateliers plus que sur une analyse sémiologique des affiches produites. Parallèlement il continu sa pratique de graphiste de manière non-professionnelle. Il est aussi contributeur ponctuel à la revue Strabic.
En décembre 2016, il organise une première exposition sur les ateliers populaires au Cabinet du livre d’artiste à Rennes.

Recherches
Considérant combien les mouvements sociaux peuvent être des moments de reconfiguration des parcours personnels et de ce que Jacques Rancière appelle le partage du sensible, je porte mon énergie à comprendre si et comment la pratique graphique militante peut relever d’une forme de pratique populaire de l’art.

Comment sont perçues les formes graphiques qui accompagnent les mouvements sociaux ? Qui sont celles et ceux qui les créent ? Quels regards sont portés sur ces personnes ? Quels discours sont développés sur leurs images et leurs interventions ? Quels sont les conditions matérielles et logistiques qui rendent possible l’existence et la diffusion des images ?

Le contexte du doctorat m’amène ainsi à m’intéresser tout particulièrement à ce que le printemps 1968 a pu générer comme nouvelles dynamiques, que ce soit dans les mois et années qui ont directement suivi le soulèvement comme la résonance que ces dynamiques peuvent avoir dans des luttes contemporaines.

Certaines pratiques laissent ainsi entrevoir la possibilité de paradigmes artistiques en rupture avec les normes dominantes du milieu de l’art. Disparition de la signature individuelle, affichage de rue et don d’image, participation ouverte aux processus de création, sont autant de postures qui redé- finissent tant la pratique artistique que les assignations sociales qui donnent accès ou non à cette pratique.

Focaliser sur une expérience spécifique comme celle des ateliers populaires permet ainsi de ques- tionner des considérations plus générales sur la porosité entre pratiques politiques et pratiques artistiques. Cela permet aussi d’avoir des points d’appuis pour travailler l’idée d’une pratique égalitaire de l’art.

Bibliographie essentielle
· La Sincérité est préférable à la technique, mémoire de master en arts plastiques, sous la direction de Denis Briand et Leszek Brogowski, Rennes, Université Rennes 2, 2015.

· « Comment, tu ne connais pas Grapus ? », in Strabic, octobre 2015.

· « Cohabitation des sens, création, contribution et miche de pain », in Strabic, mai 2014.

· « Provo, 1965 -1967», in Occupied Times of London, no28, août 2015.

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Biography
After studying graphic design at the École Supérieure d’Art in Lorient and at the University of Rennes 2, Jil Daniel worked as as freelance graphic designer from 2011 to 2014. He then decided to return to university to research the creation and use of graphics by social movements. In 2015 he began a thesis on the “ateliers populaires” (literally: the people’s workshops) of spring 1968 and after, in which he focuses primarily on the arguments and practices of the workshop members rather than the semiotics of the posters they produced. In parallel with this research, Jil Daniel works as a graphic designer in a non-professional manner, and occasionally contributes to the review Strabic.

In December 2016, he organised an exhibition on the “ateliers populaires” at the Cabinet du Livre d’Artiste, an art space in Rennes University.

Research
Taking into consideration the extent to which social movements can serve as turning points in people’s careers and in what Jacques Rancière refers to as the “partition of the sensible”, I have chosen to focus on the extent to which a militant approach to graphic design can arise from a form of art practised by the people.

How are the graphics used by social movements perceived? Who are the people behind them and how are they perceived? What arguments have been written about their images and work? And what were the material and logistical conditions that made the existence and diffusion of these images possible?

My thesis also explores the new dynamic generated by spring 1968, as seen in the months and years immediately after the uprising and in its continuing influence on today’s struggles.

Certain practices hint at the existence of artistic paradigms at odds with the prevailing standards of the art world, such as the disappearance of individual signatures, street posters, the widespread distribution of images, and making the creative process open to all. All of these stances redefined the ways in which art was practised, as well as who was “allowed” to practise it. 

The intentionally limited scope of my research has also enabled me to question wider issues relating to the influences between politics and art that in turn provide examples for exploring the notion of an egalitarian approach to art.