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Biographie
Sarah Kremer est designer graphique et dessinatrice de caractères. Elle conduit depuis 2014 un projet de recherche doctoral au laboratoire Analyse et traitement informatique de la langue française (ATILF CNRS, université de Lorraine) et à l’Atelier national de recherche typographique (ANRT, ENSAD Nancy) dans le cadre de l’informatisation du Französisches Etymologisches Wörterbuch de Walther von Wartburg. Elle enseigne à l’École nationale supérieure d’art et de design de Nancy, à l’IUT Nancy-Charlemagne et intervient régulièrement à l’École supérieure d’arts appliqués de Bourgogne de Nevers.

 

Recherches
Je mène mes recherches dans le cadre d’un projet de thèse au sein du laboratoire Analyse et traitement informatique de la langue française (ATILF CNRS, université de Lorraine) et de l’Atelier national de recherche typographique (ANRT), 3e cycle de l’École nationale supérieure d’art et de design de Nancy. Ce doctorat s’articule autour d’une pratique du design typographique comme l’un des moyens de mener un projet de recherche.

Mon travail s’intègre à l’informatisation du Französiches Etymologiches Wörterbuch (FEW), un dictionnaire étymologique et historique du français, des dialectes d’oïl, du francoprovençal, de l’occitan et du gascon. Ce projet lexicographique initié en 1922 par le linguiste suisse Walther von Wartburg est à présent poursuivi par une équipe de l’ATILF. Les 16000 pages de ce dictionnaire sont actuellement converties en fichiers balisés au format XML afin de faciliter leur diffusion et leur consultation. La migration du FEW de la forme analogique à la forme numérique dépend en partie de la production d’outils typographiques spécifiques. La conception de ceux-ci met en jeu des réflexions de l’ordre du dessin de caractères, de la composition typographique et du design éditorial, imprimé et numérique.

Les articles du FEW employent un système de transcription phonétique qui comporte des caractères et des combinaisons d’accents peu communs voir inédits. Afin de permettre la saisie et l’affichage des articles du dictionnaire, il est tout d’abord nécessaire de disposer d’une famille de caractères numérique comprenant l’ensemble de ces glyphes. Il est ensuite essentiel de rattacher ces dessins à un encodage permettant la pérénité et l’interopérabilité du système.

Les caractéristiques stylistiques de ces nouvelles fontes sont définies afin de favoriser l’identification des éléments de macrostructure et de microstructure du dictionnaire. Elles permettent un meilleur accès au contenu du FEW lors d’une lecture de consultation, transversale, parmi une série d’articles ainsi que lors d’une lecture continue, horizontale, au sein d’un article spécifique.

Ces fontes sont employées pour composer les articles au sein de deux interfaces. Une première interface, de consultation, complète les articles d’un panneau d’aide à la lecture permettant sur demande de résoudre les différentes abréviations employées et mettre en évidence les objets d’une recherche particulière. Une deuxième interface, de saisie, accompagne le travail de rédaction par la mise en place d’un balisage XML automatisé et la mise en forme de la composition typographique par l’intermédiaire de feuilles de styles.

La production de ces différents outils s’articule à une étude métalexicographique qui participe à l’historiographie du FEW. Elle décrit et analyse l’évolution de la présentation matérielle du dictionnaire au fil de ses publications et appréhende les relations qu’entretiennent ses variations éditoriales et typographiques avec le travail lexicographique des rédacteurs et les contraintes de production, qu’elles soient matérielles ou technologiques.

 

Bibliographie
· « La création typographique au service des humanités numériques », dans : Sophie Fétro, Anne Ritz-Guilbert (dir.), actes du colloque scientifique « Collecta. Des pratiques antiquaires aux humanités numériques », École du Louvre, 2016.

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Biography
Sarah Kremer is a graphic designer and type designer. Since 2014, she has been working on a research project as part of the digitisation of Walther von Wartburg’s etymological dictionary of the French language, Französisches Etymologisches Wörterbuch, at ATILF (Analyse et Traitement Informatique de la Langue Française – analysis and digital processing of the French language, the joint research unit of the CNRS and the University of Lorraine), and at ANRT (Atelier National de Recherche Typographique – the National Institute for Typographic Research at ENSAD, Nancy’s art and design school). Sarah teaches at ENSAD in Nancy and at the city’s technological institute, the IUT Nancy-Charlemagne, and regularly lectures at the school of applied arts in Nevers, the École Supérieure d’Arts Appliqués de Bourgogne.

 

Research
I’m undertaking my doctoral research at ATILF, and at ANRT, as part of the doctoral programme at ENSAD Nancy. My thesis revolves around a particular approach to typographic design as a means of undertaking a research project.  

My work is part of the digitisation of the Französiches Etymologisches Wörterbuch (FEW), an etymological dictionary of the French language, of the ‘oïl’ dialects, of Provençal French, of Occitan and Gascon. This lexicographic project was initiated by the Swiss linguist Walther von Wartburg in 1922, and is currently being pursued by a team at ATILF. The dictionary’s 16,000 pages have been converted into tagged files in XML format to facilitate their diffusion and consultation. This transfer from analog to digital depends, in part, on the production of specific typographic tools. Designing the latter involves thinking about the nature of type design, typographic composition and editorial design, both printed and digital.

The dictionary’s entries use a phonetic transcription system with highly unusual, if not previously unseen, characters and combinations of accents. In order to be able to input and display the dictionary’s entries, it was necessary to have a family of digital characters that included all these glyphs. These characters then needed to be encoded to make the system durable and interoperable.

The stylistic characteristics of these new fonts are defined in order to encourage the identification of the dictionary’s macrostructure and microstructure elements. They improve access to the dictionary’s contents during transversal consultative reading of a series of entries, as well as during horizontal continuous reading within a specific entry.

These fonts are used to write the entries of two interfaces. The first interface, for consulting, completes the entries of a reading aid panel that transforms, upon demand, the different abbreviations used and highlights the subjects of a specific search. The second interface, for input of data, helps the writing by setting up an automated XML markup and formatting the typographic composition using style sheets.

The production of these various tools centres on a meta-lexicographic study that contributes to the historiography of FEW. It describes and analyses the development of the dictionary’s material presentation through its various published versions, and grasps the relationship between its editorial and typographic variations with the lexicographic work of the sub-editors and the production constraints, both material and technological.