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accueiltous les événements

Shakespeare à la folie, affiches internationales

20/11/15 - 29/01/16
Exposition
Échirolles Centre du Graphisme
Place de la Libération
38130 Echirolles
04 76 23 64 65

Shakespeare est né autour du 23 avril 1564, disparu précisément le 23 avril 1616. Doit-on

y voir un signe du destin, ou le signe d’une légende nourrie de points d’interrogations,

d’absences inexpliquées ? Et quand bien même l’homme ne serait pas le dramaturge, l’oeuvre

immense est bien réelle. Écrite pour un public polymorphe, où l’aristocratie se mêle à la

plèbe en majorité analphabète, elle est jouée dans des théâtres qui accueillent jusqu’à 3 000

spectateurs mangeant, buvant, riant, pleurant, au cours de la représentation sans aucun

égard pour l’acteur, sans sacraliser l’auteur.

Le théâtre de Shakespeare puise à la source des tavernes et des cours royales.

Chaque pièce, construite généralement autour d’un personnage qui lui donne son âme, est

une suite de rebondissements, de duels, de meurtres, d’amours passionnés qui se terminent

dans un bain de sang. Le tout émaillé de plaisanteries grossières ou d’instants de poésie

d’une rare élégance.

L’humanité défile sur scène : Othello le jaloux, Hamlet l’indécis, Macbeth l’usurpateur,

Richard III le sanguinaire ; les amours tragiques d’Antoine et Cléopâtre ou de Roméo et

Juliette...

Il n’est pas étonnant que Shakespeare soit le dramaturge le plus joué au monde malgré ses

400 ans accomplis.

Les affichistes appelés à la rescousse par les metteurs en scène ou les directeurs de théâtres

s’en sont donnés à coeur joie pour les mêmes raisons. Shakespeare ne conte pas seulement

une histoire, souvent ancrée dans l’histoire vraie de la période pré-élisabéthaine. Il parle de

pouvoir et de passions entremêlés, et atteint, par son génie l’universel.

Au point que les affichistes polonais, dont les travaux étaient tolérés par le régime communiste,

laissaient libre cours à leur imaginaire, et donnaient aux opposants bridés la possibilité

de s’exprimer par affiches interposées. La double « lecture » de l’affiche devenait un jeu de

chat et de souris entre censeurs, opposants au régime et affichistes.

Macbeth n’était pas seulement l’assassin du roi Duncan, l’usurpateur de la couronne, mais

la métaphore du pouvoir en place.

Le théâtre et l’affiche ont en commun l’espace public. Ils créent les conditions du débat

social lorsqu’ils touchent à l’universel. C’est le cas des oeuvres de Shakespeare et des affiches

qui seront présentées.

C’est à ce vaste tour d’horizon de la forme et du sens du design graphique et de la

communication visuelle qu’invite le Centre du graphisme d’Échirolles pour la saison

2015-2016.