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accueiltous les événements

Mois du graphisme 2018

POLOGNE UNE RÉVOLUTION GRAPHIQUE

17/11/18 - 31/01/19
Manifestation/Festival
Échirolles Centre du Graphisme
Place de la Libération
38130 Echirolles
04 76 23 64 65

Horaires

Pour le Centre du graphisme Horaires d’ouverture : Du lundi au vendredi de 14h à 17h30 et du samedi au dimanche de 14h à 18h Fermeture : Du lundi 24 décembre 2018 au mercredi 2 janvier 2019 inclus

Tarifs

Entrée libre

Moyens d'accès

Pour le Centre du graphisme : Bus ligne C3 → Arrêt : Centre du graphisme (terminus) Tram ligne A → Arrêt : Auguste Delaune

Partenaires

Institut Polonais - Institut Adam Mickiewicz dans le cadre du programme culturel international POLSKA 100
Visuel du Mois du graphisme 2018 - Design : Jan Bajtlik

Après le Japon, accueilli lors de la précédente édition, le Mois du graphisme se consacre à la redécouverte d’une autre grande référence du design graphique et de l’affiche : la Pologne.

 Depuis les années 1950 la Pologne est considérée dans le monde comme une terre de graphisme aux multiples talents ; un continent à elle seule où de belles pages d’histoire du design graphique se sont écrites.

Comme à son habitude, le Mois du graphisme abordera diverses thématiques sans prétendre à l’exhaustivité, mais suffisamment fouillées pour faire toucher des yeux une créativité artistique hors du commun et donner à réfléchir sur la liberté de création. Si l’essor de l’affiche polonaise date des années 1950 – ce qu’on appellera « l’école polonaise » - elle plonge ses racines dans le mouvement de la jeune Pologne de Cracovie à la toute fin du XIXème siècle. Clandestine durant la Seconde Guerre mondiale, soumise au « réalisme socialiste » jusqu’en 1956, date à laquelle les     « erreurs et déviations » du stalinisme sont dénoncées par le pouvoir, l’affiche puise dans la situation politique du pays les raisons de son renouveau. Le censeur - et les structures qu’il met en place - ont besoin de l’affiche pour dépasser une situation contradictoire : une identité nationale forte qui doit s’accommoder de la tutelle du « grand frère » soviétique, une église catholique puissante qui se revendique rempart de l’Occident et du catholicisme, et un pouvoir autoritaire organisé autour du parti unique - le POUP (parti ouvrier unifié polonais). De grandes écoles artistiques, qui elles aussi puisent leurs racines dans la grande tradition picturale d’avant-guerre, sont à sa disposition : Varsovie, Cracovie… La peinture, les arts plastiques en général, l’art sous toutes ses formes sont soumis à une censure rigoureuse. La création considérée subversive est mise sous le boisseau. C’est sans compter sur l’esprit de résistance qui l’anime. La dérision devient une arme face à l’absurde de la situation politique, révélant ainsi une vitalité à toute épreuve. L’affiche comme moyen de communication est soumise à une censure plus arrangeante pour la promotion des événements culturels (eux-mêmes soumis à la rigueur). Elle devient, de fait, le refuge de grands créateurs, et il faut bien le dire également, la possibilité de s’exprimer et vivre de leur art. Le cubisme et le surréalisme lui permettent de se démarquer du Bauhaus allemand et du constructivisme russe. Renouant avec la France elle se libère du regard pesant de ses voisins immédiats. Ainsi s’affirme « la polonité » et se crée le mythe de l’école polonaise de l’affiche. Libérée de la publicité commerciale elle se dégage de l’obligation de résultat. Paradoxalement les expériences sont possibles, l’affiche se ressource et produit un style qui devient une référence pour les affichistes des quatre coins du monde. Des personnalités fortes émergent de ces contraintes : Henryk Tomaszewski, Jan Lenica, Roman Cieślewicz, Franciszek Starowieyski, Jan Młodożeniec, Waldemar Świerzy et d’autres encore, inventent une communication visuelle remarquable par ses qualités artistiques, son humour corrosif et une maitrise étonnante du second degré. Que se passe-t-il depuis 1989 ? Cette force créative forgée dans le contexte d’un régime totalitaire a-t-elle survécu à la reconquête démocratique et au libéralisme économique qui l’accompagne ?C’est l’éclairage que nous donnons à travers les expositions proposées. Dessins préparatoires, maquettes originales, affiches, couvertures de livres, photographies d’archives, films, dessins animés d’hier et d’aujourd’hui sont présentés dans une dizaine de lieux de l’agglomération grenobloise.