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La corne de brume AU SON DE KLAXON retentit. Immédiatement, un des marins QUI JOUAIT AUX DÉS sur le pont se saisit d’une GUITARE et commença À CHANTER DANS UNE LANGUE INCONNUE. Un jeune mousse l’accompagna au XYLOPHONE tandis qu’un autre DÉCOCHA UNE CURIEUSE FLÈCHE ­­­–sa pointe formait un TRIDENT– en direction de l’île. Ces petites actions constituaient un rituel bien rodé. Le bateau accosta enfin.

POUR REPOUSSER LES CRABES qui se précipitaient sur nous, il fallait se munir d’un ARROSOIR et les asperger d’eau douce. Habitués à l’eau salée, ceux-ci fuyaient dès qu’une goutte de pluie les frôlait. Mais l’orage et ses gros nuages noirs ne repoussaient pas que ces crustacés. Les animaux étranges de cette île craignaient tous la foudre. Serpents turquoises, ours tachetés, vaches sauvages, pélicans à queue pourpre, zèbres arc-en-ciel, écureuils dorés se réfugiaient au cœur des montagnes.

C’était la première fois que je voyais de mes yeux cet endroit énigmatique. Pourtant, j’avais lu un journal évoquant son paysage fossilisé: usines délabrées, immeubles décrépis, vieux train aux wagons rouillés. Le lieu paraissait abandonné depuis des siècles. Au port, un homme se promenait avec une hache sous le bras, un autre parlait tout seul. Je les évitais soigneusement et suivais la première route qui s’offrait à moi. Un grand voyage m’attendait et pour une fois, le temps semblait infini.